*
Demain est moins à découvrir qu'à inventer.
{ Gaston Berger }
En ce moment, je n'sais pas trop comment je me sens. Je cherche. Je tâtonne. J'ai un peu perdu de ma consistance.
Plusieurs questions me picotent la moëlle épinière. En vérité, la vie n'est qu'une série de questions posées au néant; on croit toujours trouver des réponses, on veut en avoir besoin pour avancer. Mais au fond, notre existence mérite-t-elle tant d'attentions ? Pour sa si petite durée et sa si grande insignifiance...
Je ne cherche plus qui je suis, mais je cherche plutôt comment je suis. De quoi je suis faite. Quelle est ma recette. Je n'ai pas eu un miroir assez grand pour guetter les premières esquisses de ma personnalité. J'ai cherché dans les reflets des autres. Je me suis formée moi-même, selon mes envies et selon mes modèles. Zaza, Petite Sirène, Faeriia, Fred, Alise Amer, enfin tout ça, différentes époques, différentes vies.
Différentes personnalités.
Quand je reviens en arrière, que je lis certaines pages de ce blog (qui a plus d'un an et demi mine de rien) ou de mes anciens journaux intimes, je me demande où j'étais, ou plutôt où je suis passée. L'évolution se fait jour après jour, mais j'ai l'impression de côtoyer des étrangères. Des morceaux de vies qui ne me ressemblent pas.
Au final, ... il n'y a pas de final justement. L'être humain n'est jamais un produit fini. Heureusement, sinon l'on s'ennuierait. Mais peut-on trouver la simplicité et la séreinité, peut-on tout simplement être si l'on ne sait jamais vraiment qui on est ?
Ou bien l'intérêt n'est peut-être pas d'être, ni de paraître; mais de simplement se connecter avec les autres. Exister par rapport au monde. Se constituer de la matière extérieure, comme un vampire ou un esprit.
Je n'sais pas.
Et les souvenirs dans tout ça ? Et l'avenir ? Des idées floues, des concepts, de l'abstraction qui ont pourtant marqués et marquent notre peau.
Des bribes de bonheur et de larmes mêlées à ce qu'on est, ce qu'on croit être en cet instant précis. Etre ou ne pas être, ce n'est pas tellement la question; mais plutôt être là ou ne pas être là, en tant que je me situe dans telle ou telle période de ma vie, telle ou telle personne. Comme sur une carte géographique imaginaire, ou inconsciente.
Le monde et l'être humain sont d'une complexité atroces. Et tout est paradoxe. On n'sait jamais comment trouver le juste milieu.
Un jour je crois que je suis ça, un autre jour ça. Un jour je pense que c'est comme ça que je dois parler, être, paraître, penser, pour prouver que je suis ce que je veux être. Puis tout se démolit, tout est contredit, et on ne trouve jamais la véritable clef pour exister en-dehors de nous-mêmes.
La pensée, l'esprit, la raison; Descartes, Kant, Platon.
Mais malgré toutes ces théories, malgré toute cette spiritualité qui nous torture et nous embrouille, peut-être que la vérité se trouve dans les sens.
Peut-être qu'être, c'est ressentir.